Les ZSP de Lille: Et les acteurs du social dans l’histoire ?

La création des zones de sécurité prioritaire prévoit, en plus des moyens policiers, la mise en place d’une structure mêlant collectivité et association, dans le but de mener des actions de prévention. Les centres sociaux attendent d’être impliqués.

« C’est un projet intéressant… dans les grandes lignes. » Patrick Dupré reste dubitatif. Le directeur du plus gros centre social de Lille, le centre Marcel Bertrand à Moulins, « attend de voir ce que les pouvoirs publics vont entreprendre ». Le quartier possède le plus grand centre social de Lille, avec ses 62 employés à plein-temps répartis sur six lieux différents. « Notre rôle, c’est des actions au service de la population, la pousser à s’impliquer et devenir ensuite acteur de ce service » explique-t-il, et voyait d’un bon œil l’arrivé des ZSP. Quand il apprend « par hasard dans la presse » que Lille-Moulins en ferait partie, il imagine déjà les possibilités permises par le dispositif. « Dans les textes, je lis que des échanges et des projets doivent se mettre en place entre la police, les centres éducatifs et sociaux. » Sans nouvelle pour l’instant. Quel changement alors ? « On remarque plus de patrouilles de CRS dans la rue, admet-il, mais impossible de dire si c’est juste un effet d’annonce ou si c’est réellement plus de moyens ».

« Sortir de l’urgence et des difficultés sociales ».

Les problèmes d’insécurité ne sont pas perçus de la même façon à Lille Sud. « Oui, il y a des gros trafics, mais ça se limite à des microterritoires », confirme Khalid Sellahi. L’animateur chargé de la jeunesse au centre social Lazare Garreau craint alors une nouvelle « stigmatisation des quartiers difficiles ». Il aide quotidiennement les jeunes à sortir « de l’urgence et des difficultés sociales », et estime que c’est de ça qu’il faudrait s’occuper, en offrant plus de moyen de formation, d’insertion professionnel, au lieu « de rajouter des policiers dans la rue et augmenter la fracture. »

« Les effets de la mise en place de ces zones peuvent être pervers », complète Virginie Lemayeu, directrice du centre intercommunal du Chemin Rouge, à la limite entre Lille-Sud et Faches-Thumesnil. « Tant que l’on ne met pas de côté le travail fait par les centres sociaux à coup de répression gratuite, il peut y avoir du bon dans le processus », concède la jeune femme.

« De toute façon, chez nous, les jeunes du secteur ne sont même pas au courant, alors il n’y a aucun changement dans notre fonctionnement ».

Ismael Berkoun

Exercices: 2 feuillets max, sur les ZSP de Lille, le 26/09/2012

1 Commentaire

  • Répondre mars 9, 2013

    @p.art

    Parfait de reconnaitre les disparités, les inégalités entre quartiers. C’est bien d’essayer de mettre un pansement avec ZSP, mais ne faudrait-il pas régler les problèmes de fond en favorisant la mixité, ne plus avoir d’école ghetto qui, dès la petite enfance, peut vous préparer à un destin plutôt qu’un autre.

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